Publié le dimanche 01 novembre 2009 - Vu 117 fois
L'affiche, près de Nathalie Fargetas, montre les visages des enfants disparus.
St¿phane MASSE
Les interventions en milieu scolaire de Nathalie Forgetas, juriste à l'association de défenses des victimes, révèle une hausse inquiétante des jeux dangereux.
«Juste avant les vacances, je suis intervenue dans un collège du secteur où il y avait eu un jeune garçon, qui avait été victime de ce jeu du foulard. Par chance, cela n'a pas eu de conséquences tragiques, mais je redoute chaque matin, d'avoir cette nouvelle. » Juriste, détachée à l'association d'aide aux victimes (Adavem 02) par le comité de l'Aisne d'accès au droit, Nathalie Fargetas ne cache pas son inquiétude devant la montée en flèche des pratiques des jeux dangereux dans les cours de nos écoles. Qui touchent, et c'est la première surprise, des jeunes de 4 ans à 20 ans.
« Dans les victimes que l'on a réussi à recenser, figure un jeune de 17 ans. Qui était sans histoire, plutôt au-dessus de la moyenne d'ailleurs et que l'on a retrouvé pendu dans sa chambre. Pas victime d'un suicide, mais bien du jeu du foulard. »
Connu sous plusieurs noms dont le premier est la tomate, voila un jeu qui n'est pas né avec le XXIe siècle mais, dont beaucoup de jeunes ont joué depuis des générations. Peut-être sans le savoir.
« Moi-même », glisse Nathalie, « quand j'étais ado, je retenais ma respiration pour voir jusqu'où je pouvais aller. » Qui, en effet, n'a jamais joué à se mettre la tête sous l'eau avec son chronomètre, pour imiter par exemple Jean-Marc Barr et Jean Réno, les deux acteurs du Grand Bleu ? Un jeu d'ado qui aujourd'hui, prend des airs de jeux plus que dangereux.
« Ce jeu du foulard puisque dans certains cas on se passe un foulard autour du cou pour arriver jusqu'à l'évanouissement », explique cette jeune mère qui a rejoint l'APEAS (association de parents d'enfants accidentés par strangulation), « puis on revient à soi, naturellement ou avec l'aide de ses amis ». Avec parfois des lésions dues à la perte de connaissances. C'est ce message que Nathalie délivre, principalement chez les publics les plus sensibles à ces « jeux », les 6e, les CP, bref tous les niveaux où se produit un grand changement.
« J'ai un film, qui dure 8 minutes, où l'on voit une jeune fille, qui essaye chez elle, le jeu que son grand frère lui décrit. En se pendant dans sa chambre. Le film se termine avec le docteur qui indique aux parents, que leur fille est en mort cérébrale. »
Des images chocs, voulues. « Il ne faut pas édulcorer le message mais plutôt insister sur les conséquences dramatiques. Généralement le message passe. » Dans ces différentes interventions en milieu scolaire, elle a souvent montré aux enseignants un visage de leur établissement qu'il ne connaissait pas. Rares sont les cours d'école où ce style de jeu actuellement le catch cartonne n'est pas pratiqué.
« À Laon par exemple, il n'y a qu'une seule école, Île de France, où le directeur n'a pas voulu que j'intervienne. J'espère qu'il ne va pas le regretter… »
Stéphane MASSÉ
Contact : Adavem, rue du 13 octobre. Tél : 03.23.20.65.61
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