Publié le lundi 24 août 2009
La saison écoulée, 17 procédures ont été lancées par le club Rémois à l'encontre des Ultrem.
Christian LANTENOIS
Drôle de 3e mi-temps pour les supporters ultras troyens. De retour du derby perdu par leur équipe à Reims (1-0), dix d'entre-eux ont été agressés dans le parking du stade de l'Aube… à une centaine de kilomètres du lieu du match.
Attendus par des membres des « Ultrem » rémois, ils ont été passés à tabac et se sont fait voler écharpes et gadgets siglés Estac. Quatre blessés ont été dénombrés.
Au bout du compte, dix-huit supporters rémois impliqués dans ce pugilat ont été appréhendés par la police troyenne et placés en garde à vue toute la journée de samedi. Ils répondront de leurs actes devant la justice.
Jacques Fillols, responsable de la sécurité du Stade de Reims, ne semble même pas surpris par cette expédition punitive.
« Cette agression gratuite est inédite. C'est une suite logique à tout ce qu'on supporte depuis des années. J'ai l'impression que la nouvelle génération de supporters a débordé les anciens ».
Contacté en pleine nuit, Jacques Fillols a dû se rendre au commissariat de Reims samedi pour identifier ces fauteurs de troubles : « Des noms que je connaissais évidemment car figurant déjà dans les fichiers ».
Le Monsieur sécurité stadiste espère que ce nouveau dérapage entraînera sinon la dissolution de cette association, du moins l'interdiction de stade des dix-huit jeunes appréhendés.
Agneaux et loups
Il rappelle que, la saison passée, « 17 procédures pour dégradations » avaient été lancées par le club à l'encontre des Ultrem.
« Le groupe diminue, mais le noyau dur résiste. Il profite aussi de la situation sportive fragile du club pour tenter d'imposer un régime de terreur dans l'enceinte de Delaune. Évidemment, nous avons porté plainte, avec constitution de partie civile ».
Le président stadiste, Jean-Pierre Caillot, souvent pris à parti par ce groupe, rappelle que « face à des gens hostiles, le Stade de Reims a toujours fait preuve d'une grande sévérité. Nous ne cautionnons pas les banderoles insultantes et les agressions verbales et physiques. Un stade reste un lieu convivial et familial.
Tout ce qui se produit aujourd'hui prouve à certains que nous avons raison de faire preuve de sévérité ».
Rappelant que ce groupe tente vainement d'associer tout un stade à leur entreprise de déstabilisation. « Lorsque nous les rencontrons, nous avons en face de nous des agneaux, qui se transforment en loups dès qu'ils arrivent au stade. J'ai le courage de dire que cette cinquantaine d'énergumènes n'imposera pas sa loi à 9.000 personnes ».
Caillot qui rêve encore d'un stade à l'anglaise « un lieu de vie pour la famille », n'a pas envie « de tendre la main à ces gens-là. Le Stade de Reims franchira un nouveau cap s'il parvient à mettre de l'ordre dans ses tribunes ».
Gérard KANCEL
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