1er mai : les raisons de la colère

Publié le jeudi 30 avril 2009

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Le 19 mars dernier, plus de 8 000 personnes, du secteur public et du secteur privé ont manifesté dans les rues de Reims. Déjà les syndicats ont défilé dans l’unité. Toujours unis, ils ont décidé de défiler, demain vendredi, entreprise par entreprise.

Le 19 mars dernier, plus de 8 000 personnes, du secteur public et du secteur privé ont manifesté dans les rues de Reims. Déjà les syndicats ont défilé dans l’unité. Toujours unis, ils ont décidé de défiler, demain vendredi, entreprise par entreprise.

Christian LANTENOIS

Soixante ans de défilés pour Raymond



Il a pris sa carte de la CGT en 1950. « Une époque où l’on pouvait dire merde à son patron et retrouver un travail le lendemain. » Raymond Virot n’avait que 15 ans. Presque 60 ans plus tard, il milite toujours à la CGT. Il n’a jamais raté un défilé. Peu importe le nombre. 300 ou 10.000 manifestants dans la rue suivant les années, lui a toujours été là. Il a un CV aussi long que la boutonnière d’un général de l’armée rouge, impossible à résumer. Il a été conseiller municipal de 1977 à 1983 sous le maire communiste, Claude Lamblin. Mais il n’a pas pleuré le jour de la chute du mur de Berlin. « Une belle journée. Il n’aurait jamais dû exister. Pourtant le communisme en tant que tel, c’est une très belle chose. » Il fait entendre sa voix dans diverses instances de direction de la CGT, au conseil d’administration de la fac ainsi que dans des instances sportives. Pourtant, malgré son franc-parler, trouver quelqu’un pour dire du mal de lui est mission impossible. Il a peut-être un défaut quand même. Il a mauvais caractère. « Je n’ai pas mauvais caractère. J’ai du caractère, ça n’a rien à voir. Je préfère discuter avec des gens qui ne sont pas d’accord avec moi. On avance plus qu’avec des béni-oui-oui ou des plantes grasses. »

Pour lui, le militantisme n’est pas héréditaire. Un peu quand même car son père était militant CGT. « Mais nous étions 13 frères et sœurs et je suis le seul à avoir suivi sa voie. Et aucun de mes fils ne milite. »

Pas qu’une fête du muguet

« Le 1er Mai a perdu de la densité. Pour certains, c’est devenu une simple fête du muguet. Alors que c’est une fête nationale et même mondiale : celle du travail. Cette année pour la deuxième fois dans l’histoire, on assistera à un défilé unifié. Face à la crise, on va montrer qu’on peut mettre nos divergences de côté. »

Les raisons de son adhésion à la CGT : l’injustice. « Il ne supporte pas qu’un jeune diplômé ne trouve pas de boulot juste parce qu’il a un prénom à consonance étrangère. Insupportable que la plus grande entreprise de France soit l’ANPE (ou le Pôle emploi maintenant). L’injustice des milliards d’argent public qui sont versés aux banques sans contrepartie alors que l’argent aurait pu servir à la relance du pouvoir d’achat des travailleurs. » Raymond Virot a trop de raisons de défiler demain. Pour ses deux fils et ses trois petites-filles : Johannie, Manon et Roxane. « Je trouve anormal de devoir aider ma petite-fille qui doit vivre avec 550 euros par mois. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. On est contre la violence mais est-ce que la première violence ce n’est pas la possibilité de jeter ses employés comme des kleenex ? »

A.R.







Jean-Pierre Langlet (CGT)

« C’est une journée de solidarité internationale qui ne doit pas nous faire oublier nos revendications touchant à l’emploi, au pouvoir d’achat, des salaires, des retraites et demandeurs d’emploi. Il faut que l’Etat prenne des mesures sérieuses pour sécuriser l’emploi et donner des droits nouveaux pour s’opposer aux restructurations. »

Marcel Boitel (CFDT)

« Ce 1er mai unitaire est international, comme la crise malheureusement. Dans ce contexte, il est très important d’être ensemble et solidaires. Nous regrettons que le gouvernement n’abonde pas plus le fonds d’investissement social mis en place. »

Bernard Patrigeon (FO)

« Dans cette crise générale et totale, il faut sauver les emplois qui, sinon, vont quitter les cieux occidentaux. La France se désindustrialise tant que bientôt il n’y aura plus d’emploi. Il faut qu’on améliore le pouvoir d’achat, mais pas avec des mesurettes par ci, par là qui ne permettent même p

as de vider les stocks. »

Patrice Perret (Solidaires)

« Ce sera un 1er Mai historique. Après le 21 janvier, le 19 mars, il faut continuer à peser sur le patronat et le gouvernement. Il faut taper plus fort. Notre souhait serait de faire une grève générale. »

Jean-Michel Alavoine (Unsa)

« Nous demandons une véritable indemnisation de tous les demandeurs d’emplois jusqu’à leur reclassement. Il faut donner plus de pouvoir aux élus du personnel car le code du travail est de plus en plus bafoué. Nous demandons l’arrêt de la suppression des emplois publics et l’arrêt des heures supplémentaires défiscalisées. »

Eric Douez (CFTC)

« Outre les revendications déjà formulées, je souhaite qu’il y ait plus d’aides pour les familles en difficultés, un meilleur contrôle des aides publiques et nous sommes fermement opposés au travail le dimanche. »

A. MOYAT
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