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«Arnaqué par ma banque»

Publié le mercredi 03 février 2010 à 01H00 - Vu 337 fois


Laurent Pontoux attaque la Caisse d'Epargne pour « frais abusifs ».  L'affaire est actuellement au tribunal.

Laurent Pontoux attaque la Caisse d'Epargne pour « frais abusifs ». L'affaire est actuellement au tribunal.

Mélisa HARIOT


«J'AI fait confiance à ma conseillère. Aujourd'hui, je me retrouve à découvert de 3000 euros. » Laurent Pontoux a 38 ans, un boulot, une maison, une voiture, un chat. Et maintenant de belles dettes. Il y a un an et demi, il a pris rendez-vous auprès de sa banque, la Caisse d'Epargne : « J'ai eu un changement professionnel en septembre 2008. J'ai demandé à regrouper mes crédits, pour diminuer les mensualités », explique Laurent, chauffeur routier prévoyant. L'homme n'était alors pas un habitué des découverts bancaires. Il a justement souhaité anticiper. Mais… « Il ne semblait pas y avoir de problèmes, on m'a juste dit que la personne qui s'en occupait était en congé maternité. Mais entre janvier 2009 et juin 2009, j'ai eu des frais sur mon compte, entre 200 et 400 euros par mois. » Frais de rejets, de commission et autres agios, Laurent Pontoux aurait été prélevé au total de 2200 euros en six mois.




Les promesses d'une conseillère…

Durant ce semestre, Laurent n'est pas resté les bras croisés. Plus d'une dizaine de mails, au moins six appels téléphoniques à sa conseillère… « Elle me rassurait, me disait que tout serait remis à jour une fois le regroupement de crédit effectué », se souvient l'homme désabusé, montrant un mail où sa conseillère lui garantissait des remboursements de frais. « Je lui faisais confiance, mais je voyais l'état de mon compte se dégrader. »

Et finalement, Laurent a pris rendez-vous avec la directrice adjointe de l'agence de la Caisse d'Epargne de Vitry-le-François. Et là, le choc… « J'ai été très bien reçu, ce n'est pas le problème. Mais la responsable m'a répondu que ma conseillère débutait dans le métier, qu'elle avait voulu bien faire. Mais qu'elle-même ne pouvait plus rien faire. Et elle m'a expliqué le fonctionnement des frais de commission… »

Laurent est alors passé à l'étape suivante, et a envoyé plusieurs recommandés au siège social de la Caisse d'Epargne, pour faire part de son mécontentement d'une part, et pour réclamer une remise gracieuse de toutes les sommes débitées. Sans succès.




3000 euros de découvert

Une société de recouvrement de dettes a même contacté Laurent pour lui proposer un rachat de ses crédits… « C'est ma conseillère qui leur a donné mes coordonnées, affirme Laurent. Un comble ! » Il s'est alors tourné vers le tribunal d'instance de Châlons, demandant le remboursement des commissions et frais abusifs (lire ci-contre). Le jugement n'a pas encore été rendu. Mais Laurent espère : « Aujourd'hui, à la Caisse d'Epargne, mon dossier est géré par le service recouvrement. Heureusement que je n'ai personne à charge. J'ai même pensé à revendre ma maison. Vous imaginez ? Je ne peux même plus utiliser ma carte bleue ni mon chéquier jusqu'à la fin du plan de recouvrement. J'ai juste le droit de retirer 300 euros en début de mois ». De l'argent liquide avec lequel l'intéressé doit tenir tout le mois. Une situation qui pourrait ne pas perdurer. A condition toutefois que le tribunal d'instance de Châlons lui donne raison.

Sophie CARIVEN

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Les dernières contributions


VEVE08

22/07/2010 à 21h22

De toute façon, les banquiers sont tous les mêmes ! Vous avez des sous, ils vous déroulent le tapis rouge... Vous n'en avez plus, ils ne vous regardent même plus... Et des frais, des frais, toujours des frais !

Tarascon

04/02/2010 à 15h36

Je suis un ancien banquier. Effectivement les temps ont bien changés. Maintenant les banques font leurs résultats à travers toute une collection de commissions. Alors qu'il y a quelques décennies, les resultats étaient réalisés uniquement avec les diverses affaires commerciales traitées avec la clientéle. De plus, maintenant vous êtes reçus par des gens qui ont le sourire commercial, mais ne donnent aucun conseil valable. Demandez donc un renseignement sur les opérations boursières? Ils ne connaissent pas sauf pour vous prélever des commissions pour un oui pour un non. Lamentable.

Lulub

04/02/2010 à 02h34

C'est fou tout les problèmes que certaines personnes ce trouvent avec des comptes abominables. Oui il faudrait poursuivre ces banques en justice. Car ils oublient lorqu'il y a eu la crise où les banques étaient tous en fallite, que l'État les a aidées, et maintenant il font les fiers, avec notre argent. Je n'ai jamais eu confiance dans leurs magouilles les banques, comme dit la personne plus haut. L'argent va aux riches, les petits peuvent s'arracher les cheveux pour être polis, c'est honteux.

criquet

03/02/2010 à 20h30

C'est une honte ce que je viens de lire, ce n'est plus la Caisse d'épargne avant qu'elle soit privatisée. Je vais bientôt la fuir aussi. Qu'on se le dise !!!!

cat051

03/02/2010 à 14h59

J'ai eu le même problème que Laurent récemment. Devant faire face à une importante baisse de revenus, j'avais pris les devants et demandé un regroupement de tous nos crédits en mars 2008 à ma banque. Ma conseillère devait monter le dossier rapidement et le soumettre à ses supérieurs. Puis, elle est tombée malade et n'a pas été remplacée. Les frais se sont alors accumulés, impossibilité de rembourser nos crédits, etc. Fin juin, on nous demande enfin de venir signer l'accord de regroupement de crédits. Puis plus rien... jusqu'en juillet où l'on découvre que nous sommes en interdit bancaire, alors que la banque devait suspendre toute action contre nous en attendant la signature définitive de l'offre. Bref, lors de la signature qui a enfin eu lieu en novembre 2008, nous en étions à 2500€ de découvert, environ 7 mois de mensualités de crédits non remboursés, et presque 1400€ de frais divers qui devaient normalement nous être remboursés, aux dires de notre conseillère. Et dire qu'au début, on voulait regrouper nos crédits afin de ne pas avoir de problèmes avec notre banque!!! Raté sur ce coup-là.

lentarteur

03/02/2010 à 14h27

On ne le répétera assez; s'agissant de crédits, de découverts... Exigez toujours une confirmation ECRITE. S'agissant de découvert à caractère professionnel, les banques ne peuvent (si vous avez déja une autorisation de découvert), annuler cette autorisation et vous couper les vivres du jour au lendemain; que ce découvert soit verbal ou écrit. Il s'agirait d'une rupture abusive de crédit. Elle doit vous envoyer un courrier de dénonciation. Dans tous les cas, ne dépassez jamais le plafond autorisé sous peine de rejet. Ce que bien des professionnels ignorent, c'est la question du soutien abusif d'entreprises.
Dans le cas de Laurent, qu'il n'hésite pas à attaquer la CE, en se faisant soutenir par l'AFUB ou des associations de consommateurs.

merove

03/02/2010 à 13h44

Force est de constater que les diverses caisses d'épargne offrent la même stratégie... Voilà un moment déjà que la dérive s'est faite sentir avec une qualité de service qui n'est plus au rendez-vous. Pour ma part, j'ai mis en sommeil cet organisme plan plan qui s'est déconnecté de ses clients; la concurrence a du bon et j'ai vite oublié l'écureuil sans regret, loin s'en faut.

Commentaires anonymes

03/02/2010 à 13h34

Pour les banques, quand tout vas bien, elles ne reculent devant rien, quand il y a un pepin, c'est la faute des nouveaux. Courage en espérant que ça se termine bien pour se client (avec des intérêts?).

PIPINE51

03/02/2010 à 13h32

C'est une histoire qui ne m'étonne pas...
J'ai vécu cela deux fois :
- Avec le crédit mutuel, je leur avait signalé d'un décalage du versement de ma paie de quelques jours. Malgré cela, ils n'ont pas attendu et ont rejeté tout paiement. C'est grâce à mon ex beau père (ayant beaucoup de placements chez eux) que j'ai pu obtenir la suppression de tous mes frais annexes!
- Avec la BNP, quelques mois avant de fermer mon entreprise, j'ai pris rendez-vous pour leur expliquer la situation calculée de la fin de la société, sans dette... Mais en sortant du bureau, ils nous ont gentiment supprimé le droit au découvert accordé depuis le début. Le pire, c'est qu'ils nous l'ont pas dit lors de notre entretien et qu'à cause de cela, nous avons failli nous retrouver en cessation de paiement...
Je ne dis qu'une chose, les banques n'aident que les riches, c'est bien connu. Tout le monde sait cela, elles sont responsables de bien des mésaventure de nos chers concitoyens, elles devraient être punies sévèrement pour tout ce genre de cas. Peut-être devrait-il exister une association qui pourrait recevoir les victimes des banques avec le pouvoir de déposer plainte et de les punir.

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