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Bras de fer dans le champagne

Publié le mardi 23 mars 2010 à 09H51 - Vu 286 fois



Le mouvement de grève observé dans les maisons de champagne  du groupe LVMH s'est intensifié hier avec une démonstration de force à Epernay.

IL n'est pas encore 10 heures mais les barbecues fument déjà sur l'avenue de Champagne, à Epernay. « On s'en fiche, on restera la journée, et la nuit s'il le faut. On a déjà connu ça ! » Et la consigne a été suivie hier. En grève depuis jeudi dernier, les salariés de Moët & Chandon se massent devant l'imposant bâtiment de la maison, point de rendez-vous des salariés en grève. Le mouvement va-t-il se poursuivre ? Se durcir ? À cette heure de la journée, l'avenir proche est encore flou. « On attend les élus de chez Veuve-Clicquot pour savoir comment on va s'organiser », note Gilles Struby, délégué syndical central CGT chez MHCS (Moët Hennessy champagne & services). Et chez Veuve Clicquot justement, on n'est pas prêt à lâcher du lest. « C'est nous qui avons commencé le mouvement, lance l'un d'entre eux. Alors pour les négociations, ce sera tout ou rien ! » L'après-midi commence à peine, mais le bras de fer s'engage clairement.
Pétards et huées
13 h 30, au moins trois cents personnes entourent le bâtiment qui semble cerné. L'avenue de Champagne est bloquée, la rue Jean-Chandon également. Un peu plus loin dans la foule, un petit groupe débouche une bouteille. « Veuve Clicquot bien sûr !, annonce Sylvie, salariée de la maison du même nom. On ne se bat pas juste pour une prime. Il faut re-signer tous nos accords et le faire très vite ! », poursuit-elle alors que des dizaines de pétards éclatent tout autour. Un nuage de fumée se répand alors que la foule se met à huer en direction des bureaux de la grande maison. Parmi les revendications, il y a la prime de participation qui a fondu comme neige au soleil pour l'année 2009. « On est passé de 6.000 € à 350 €, rappelle Gilles Struby. L'annonce des indicateurs n'a réjoui personne, mais la prime n'est pas à la hauteur de ce qu'on attendait. » Les salariés exigent aussi des augmentations de salaire à hauteur de 2 %, au lieu des 0,3 % annoncés ainsi que l'amélioration des conditions de départ à la retraite.
La discussion s'ouvre
Et avant de reprendre le travail, ils veulent « des garanties ». « C'est la première fois qu'on joue le pourrissement dans cette maison, d'habitude, on entre vite à la table des négociations », remarque Bruno Bression, secrétaire central MHCS. Mais le vent vient de tourner. Les directions de Moët & Chandon et de Veuve Clicquot ont accepté d'organiser deux réunions, l'une à Epernay, et l'autre à Reims, hier soir. « C'est une double victoire, lance Robert Mastri, délégué syndical chez Veuve Clicquot, dans le micro. D'abord parce que c'est la première fois qu'on parvient à se réunir tous ensemble. Et parce que ce matin encore, ils voulaient qu'on reprenne le travail avant de négocier ! » Mais pour Patrick Coltier, la suite à donner au mouvement ne laisse aucune place à ambiguïté. « Nous n'avons pas le droit de nous planter, alors demain (NDLR : aujourd'hui), on continue la grève ! », enchaîne-t-il. À cette heure, les uns et les autres ignoraient encore la teneur des réunions programmées hier soir. Pour Laurent Wolf, directeur des ressources humaines chez Moët & Chandon, ce mouvement « passe obligatoirement par un protocole de fin de grève. Tôt ou tard, cela doit s'arrêter ». Quant aux revendications des salariés, « tout dépend de la discussion qu'on aura ». Les délégués syndicaux doivent faire le point ce matin avec les salariés.
Julienne GUIHARD-AUGENDRE

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Les dernières contributions


Alice1978

01/04/2010 à 20h02

Ce ne sont pas les salariés de chez Clicquot qui gagnent bien leur vie, c'est plutôt nous qui ne gagnons que des misères! Je trouve honteux de lire que faire grève est indécent, c'est ne rien dire et accepter qui l'est! Moi je dis Bravo à tous ces ouvriers qui se sont battus, qui se battent et qui se battront encore.

vcp

26/03/2010 à 23h44

Ce qui et dingue c'est qu'avec tout ce vous dites, on n'a pas le droit de bien gagner sa vie, on devrait être au SMIC comme certaines personnes, c'est quand-même dingue de voir ça. Donc vous qui êtes au dessus de SMIC, vous devez trop payer aussi alors, comme on n'a pas le droit (d'après vous) de bien gagner sa vie.

vcp

26/03/2010 à 22h41

C' est clair que vous feriez mieux de vous renseigner plutôt que de lire ou d'écouter bêtement ce que raconte les gens ou les médias, de plus, ce n'est même pas une prime demandée mais une participation au bénéfice qui nous est dûe et les augmentations encore moins mais si seulement c'était ça,enfin c'est marrant les gens critiques mes ils seraient prêt à tout lâcher pour rentrer dans le Champagne, chacun chez soit, on ne s' occupe pas de vos boulot alors ne vous occupez pas du nôtre. Nous au moins on bouge pour avoir quelque chose, pas comme la plupart à ne rien dire et à crier dans le dos de leur patron. Et même si vous gagnez plus que nous, tant mieux pour vous, mais de là à dire que c'est honteux, alors, hormis la jalousie qui parle, moi je ne vois que ça. Et de plus, on ne parle que du champagne mais nous ne sommes pas les seuls, la différence est qu'ils savent se faire entendre aussi et ne pas agir comme des moutons.

Noéliot

24/03/2010 à 19h45

A quovadis,
je ne sais où tu vas chercher tes chiffres mais renseigne-toi un peu plus avant d'avancer ce genre de chiffres qui sont totalement faux!!!!

stodu51

24/03/2010 à 19h15

Honteux !! dire qu'un salaire de base chez un salarié de chez Moet est de 2000€ hors prime , certainement la faute de leurs patrons de les surpayer , mais vous salariés nantis vous osez manifester pour que votre prime de 6000€ soir baissée , je vous rappelle que des salariés dans le petit vignoble ou tout simplement des salariés d'usines ou de magasins et j'en passe!! n'auront jamais ce que vous gagnez en salaire ou en avantage C.E ,vous tirez sur la corde et elle est en train de casser , et oui vous abusez et la crise elle est pour tout le monde !!!

Noéliot

24/03/2010 à 13h00

C'est toujours facile de juger ce qu'on ne connait pas. Ceux qui critique, c'est ceux qui ne connaissent pas leurs conditions de travail. Toujours sous pression, il faut faire le quota, il faut toujours produire plus avec des matières premières de moins en moins de bonnes qualités, qui du coup ralentissent la production.
Mais ce qui me met hors de moi, c'est que les employés du groupe MHCS sont toujours considérés comme des privilégiés, c'est vrai que si l'on compare ce qui n'est pas comparable, c'est sûr qu'ils gagnent mieux leur vie que ceux qui travaillent chez les petits producteurs. Mais quand on voit que les patrons et surtout les actionnaires de ces grosses boites se font des c... en or sur le dos des salariés, qu'ils font toujours plus de bénéfices. Car il ne faut pas oublier que s'ils arrivent à vendre un champagne de qualité, et ainsi avoir la notoriété qu'ils ont, c'est quand même grâce aux salariés qualifiés qui font du bon boulot. Alors si demain, ils venaient qu'à perdre leurs avantages, la motivation n'y serait plus, le travail s'en ressentirait, et la qualité du champagne également.
Maintenant, à tous les jaloux qui critiquent les salariés en grève, allez-y, postulez si c'est si bien et vous verrez... Mais soyez bien conscient que s'ils se battent, c'est pour eux mais aussi pour toute la branche du champagne, car si eux perdent leurs avantages alors qu'est ce que ca va être pour ceux qui sont sous la moyenne et petite convention. Mais ça, il y en a beaucoup qui s'en rendent compte.

peut être

23/03/2010 à 19h51

Nuance quand même : Il n'est fait allusion là qu'aux (très) grandes maisons de champagne, les autres, négociants également, ne traitent pas leurs employés de la même façon, que dire de la majorité des autres exploitants.
Il existe trois grandes conventions dans le monde du champagne, celle des grands, celle des moyens et celle des petits.
Maintenant, rapportons le tout aux entrées d'argent que l'activité du champagne génère et in fine, vous pouvez être sûrs que quel que soit l'employeur, les salaires sont loin d'être à la hauteur du travail fourni et surtout, sans commune mesure avec les revenus issus des ventes.
Tous les employeurs du secteur vous tiendront le même discours à commencer par celui du coût d'un employé et surtout cette réflexion qui est de prétendre qu'un salarié n'est pas productif de surcroît dans les vignes !
Bref, tout cela reflète l'ambiance nationale mais un malheureux coup de sécateur pourrait peut être leur faire changer d'avis...
Il n’en reste pas moins que cet article ne parle que de manifs de salariés de grandes maisons, à juste titre vu que les autres n’ont pas cette possibilité de cesser le travail aussi facilement et sans risques parce que les syndicats s’en fichent tout comme ceux qui manifestent là.
Ne tapez pas sur tous les salariés du secteur et surtout ne rêvez pas avant d’y être allé faire un tour ; pour ma part, j’ai eu ma dose et j’en suis parti.
Enfin Quovadis, avoir moins ailleurs n’induit en aucun cas que les autres perdent tout par solidarité.

Filochard51

Autour d'Epernay

23/03/2010 à 18h23

Et oui travailler moins pour gagner plus !!!!

quovadis

23/03/2010 à 12h12

Je tente vraiment de comprendre et je voudrais vraiment être solidaire mais il y a des limites!
"Les salariés exigent aussi des augmentations de salaire à hauteur de 2 %, au lieu des 0,3 % annoncés?"
Pour rappel :
2000 : +1.50%
2001 : +1.80%
2002 : +1.50%
2003 : +2.50%
2004 : +2.00%
2005 : +2.10%
2006 : +2.0%
2007 : +1.90%
2008 : +2.50%
2009 : +1,00%

Sur les 15 dernières années, les salaires ont progressé plus vite (+30%) que le coût de la vie, avec une réduction du temps de travail de 12.5% et le maintien de 10 avantages sociaux majeurs! Plus on en a... plus on en veux !

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