Publié le lundi 13 décembre 2010 à 08H42 - Vu 1270 fois
En Italie, les couples accrochent en signe d'amour un cadenas sur des lieux réputés comme le Ponte Vecchio à Florence ou le Pont Milvius à Rome avant d'en jeter la clé. Mais à Reims, ça n'a pas la même signification…
REIMS (Marne). Les vols de vélos sont de plus en plus fréquents à Reims. Si quelques-uns sont retrouvés, la plupart disparaissent à jamais, laissant à pied des victimes frustrées… et en colère.
LE TGV de Paris entre à 21 h 42 en gare de Reims, à l'heure. « Jusqu'ici tout va bien… » se dit Nicolas Gérard, un de ces Rémois qui travaille dans la capitale. « Enfin à la maison ! » Oui… enfin presque. Car il lui reste à récupérer le vélo qui assurera la fin de son trajet. « Et c'est là que ça se complique. »
En arrivant dans l'enclos à vélos de la gare où s'entassent plusieurs générations de deux-roues, Nicolas se sent tout à coup comme à la sortie du supermarché quand on est là, à chercher sa voiture au milieu des autres.
« Mais j'ai eu beau chercher, chercher encore… le mien n'y était plus. Il est venu s'ajouter à la longue liste des disparus dont j'entendais parler, depuis quelque temps déjà, par les autres usagers. »
Ce soir-là, sur le sol de l'enclos, Nicolas ne découvre pas moins de trois cadenas coupés. Stigmates des larcins commis dans la journée.
Les voleurs sévissent partout
« Depuis, dès que j'en trouve un par terre, sectionné, je l'enroule sur le grillage, comme un témoignage du méfait qu'il représente. Et la collection s'agrandit à vue d'œil », confie la victime, qui, depuis, a racheté un vélo, et surtout deux énormes antivols pour moto (d'une valeur de 180 euros) « que j'espère ne jamais voir rejoindre ladite collection ! »
Les témoignages du genre sont monnaie courante à Reims. Dans ce même enclos à la gare, dans les cours des maisons de ville, dans les locals à vélos d'immeubles, en pleine rue… les voleurs sévissent partout et à tout moment.
Parfois même au nez et à la barbe du propriétaire. C'est arrivé à une amie de Nicolas Gérard cet été. Elle a couru tant et plus. Mais les malandrins ont été plus rapides.
Patrice Perret, président de l'association Vél'Oxygène, confirme la tendance et en a lui-même fait les frais.
« Nous avons eu une réunion lundi soir, on a encore constaté de nombreux vols. À chaque fois, un adhérent nous en signale un. En même temps, il y a de plus en plus de vélos à Reims… J'ai moi-même été victime : il y a trois semaines, des individus se sont introduits chez moi, dans ma cour et dans mon garage, et m'ont volé mon vélo de course. La police m'a laissé peu d'espoirs de le retrouver… »
Pour autant, Patrice Perret a bien quelques petits conseils pour éviter les déconvenues : « Faire le tour des magasins de revente. Un adhérent a retrouvé le sien comme ça (lire par ailleurs). (NDLR : naviguer sur les sites internet de vente entre particuliers peut s'avérer aussi payant…) Et puis, acheter un antivol en « U » en acier et bannir tous les câbles qui se coupent en une fraction de seconde. » Voilà de quoi décourager les voleurs… qui finiraient presque par dégoûter les cyclistes de sortir leur deux-roues. À l'heure du Grenelle, c'est bien dommage.
Marion DARDARD
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